Présence à soi

Réactionnaire, le Tantra ?

La déconstruction des conditionnements est une des pierres angulaires du Tantra. Je constate que nombre de textes en lien avec le néo-Tantra se font pourtant le relai de pensées ouvertement réactionnaires.

Sous prétexte de lois universelles, d’archétypes intemporels et d’autres croyances non vérifiées, de nombreux courants spirituels ou de développement personnel véhiculent des clichés sexistes et contribuent à perpétuer, sans jamais les questionner, les poncifs patriarcaux les plus usés.

Je relève ci-dessous trois exemples :

1. Le Yang, une polarité intrinsèquement masculine ?

L’homme, ce guerrier

Les publications vantant un stage sur la thématique du Masculin, qu’il soit ou non qualifié de sacré, sont presque toujours illustrées par l’image d’un guerrier à l’allure altière et athlétique.

Le Masculin est souvent réduit à sa facette « puissance ». Les rituels et exercices en lien avec le Masculin se focalisent eux aussi principalement sur les qualités du Guerrier. Les autres grands archétypes masculins (Roi, magicien et Amant[1]) font le plus souvent de la figuration.

Comme si le Masculin s’incarnait dans la seule figure de l’homme sauvage qui court tout nu dans les bois…

C’est l’occasion de se poser la question : pourquoi associe-t-on toujours l’archétype du Guerrier au Masculin ? La raison est que pour beaucoup de gens, le Yang est perçu comme la polarité essentielle de l’homme, au point que les deux se confondent.

Cette pensée est répandue dans de nombreuses sphères du développement personnel et du New-Age, ou dans le néo-Tantra. Bien que les valeurs féminines soient particulièrement valorisées dans le Tantra, on y considère généralement que le Yang est la nature profonde de l’homme. S’ouvrir aux qualités du Masculin, ce serait donc avant tout se connecter au Yang et à sa puissance.

Des polarités non-genrées

Mais peut-on encore affirmer aujourd’hui que « le Yang est pour l’homme la base, sa polarité fondamentale » ? J’en suis de moins en moins certain.

Si l’on quitte le monde atemporel des archétypes pour revenir au 21ème siècle occidental, il faut pourtant reconnaître que les études de genre ont fait quelques avancées et donnent une vision moins manichéenne du masculin et du féminin.

Si la polarité Yin (douceur, intériorité, accueil…) est généralement en proportion plus élevée chez la femme que l’énergie Yang (force, extériorité, action…), et l’inverse chez l’homme, ce n’est pas une question d’essence. C’est dû au fait que nous sommes toutes et tous fort imprégné(e)s par les conditionnements sociétaux qui associent systématiquement Yang et masculin.

Une femme est vue comme féminine à condition que sa polarité Yin soit fort exprimée, tandis qu’un homme n’est perçu comme viril que si son Yang est bien affirmé. Nous sommes priés de correspondre à l’image que la société se fait de chaque sexe. Tant notre système éducatif que nos œuvres culturelles (films, romans…) ou les messages publicitaires s’en chargent avec zèle.

Avec un peu de recul, la ligne de démarcation est en réalité beaucoup plus floue. Il existe, et de plus en plus, de nombreux hommes au Yin fort épanoui et tout autant de femmes avec un Yang bien ancré.

Il devient de plus en plus malaisé de prétendre que le curseur de la norme se situe précisément à tel endroit, voire qu’il se situe quelque part.

A chacun(e) d’interroger la norme et de sentir comment la répartition entre les polarités Yin et Yang s’établit naturellement en lui/elle-même, sachant que cette répartition est en fluctuation constante en fonction du moment, de la situation ou de la personne en face de nous.

L’âge d’or perdu des « vrais » hommes

Certains auteurs qui identifient le masculin à la seule facette guerrière du Yang se plaignent de la féminisation des hommes d’aujourd’hui, en comparaison avec une époque révolue, un prétendu âge d’or perdu de la masculinité.

Cette évocation d’un passé fantasmé, où les hommes étaient des « vrais hommes », ne prend pas en compte l’évolution actuelle de la masculinité, qui s’est métissée de Yin et est devenue plurielle.

A force de se référer à des archétypes qui seraient immuables et intemporels, ces auteurs ont développé une vision nostalgique et passéiste, plutôt qu’une vision d’avenir de la masculinité.

Des archétypes Yang, et non masculins

Si l’on regarde à travers cette grille de lecture des polarités, un homme peut disposer d’importantes qualités Yin, et une femme de qualités Yang.

Il me paraît donc réducteur aujourd’hui de considérer que les archétypes dits masculins (Guerrier, Roi, magicien et Amant) sont réservées aux seuls hommes, hétérosexuels de surcroit.

Selon moi, ces quatre archétypes ne représentent en réalité pas le Masculin, mais bien quatre facettes majeures du Yang. Autrement dit, l’énergie qu’ils représentent peut tout aussi bien habiter une femme.

La joueuse de tennis Serena Williams n’a-t-elle en effet pas la combativité de la Guerrière ? Elisabeth II, l’autorité de la Reine ? Marie Curie, la soif de connaissance et l’expertise de la Magicienne ? Et Anaïs Nin, l’ardeur de l’Amante ?

Faire de la puissance et de la bravoure des traits inhérents à l’homme, voire un archétype intemporel et inébranlable de la psyché masculine, s’apparente à un cliché sexiste.

De l’archétype au stéréotype de genre, le glissement est vite opéré.

2. Le couple divin

De nombreux articles circulant sur les réseaux sociaux font l’apologie du « couple divin », constitué de deux âmes destinées de tout temps à se rencontrer.

Le concept du couple divin nous dit que nos âmes auraient été créées par deux, chacune devant retrouver sa moitié correspondante pour fusionner et ne faire à nouveau qu’un.

Le mythe de la moitié d’orange

C’est le philosophe grec antique Platon qui, dans son livre Le banquet, popularise le mythe des âmes-sœurs. Selon ce mythe, nous serions toutes et tous une « moitié d’orange » passant notre vie à la recherche de notre autre moitié destinée à nous compléter.

Selon la légende, les êtres humains étaient à l’origine des hermaphrodites, des êtres parfaitement complets, à la fois homme et femme. Pour les punir de leur orgueil, Zeus les a foudroyés et coupés en deux. Depuis lors, chaque moitié erre à la recherche de sa part perdue.

Ce mythe illustre le besoin de complétude de l’être humain, qu’il tente vainement de combler à travers l’amour fusionnel.

Mais c’est une extrapolation fausse et dangereuse d’en conclure qu’à chacun(e) correspond nécessairement une deuxième moitié, qu’on l’appelle âme-sœur, flamme-jumelle ou autre, qu’il lui faut absolument retrouver pour être enfin heureux et complet.

Cette vision excessivement romantique des relations amoureuses peut générer l’angoisse de passer à côté de la seule moitié censée nous correspondre. Comment être sûr qu’il/elle est LA bonne personne qui m’attend quelque part dans le monde ?

Ce conditionnement amoureux est aussi problématique car il ancre l’idée que nous sommes incomplets et que notre bonheur dépend directement de l’autre, qui se voit assigné(e) la lourde responsabilité de combler tous nos manques et nos besoins.

C’est un frein majeur à l’autonomie affective et la porte ouverte à toutes les dépendances toxiques.

La norme exclusive

Rencontrons les arguments principaux avancés au nom du couple divin :

1.

Seul le couple divin permettrait d’élever l’être humain à son apogée spirituelle.

De fait, de par la proximité quotidienne qu’il impose, le couple est un magnifique accélérateur d’évolution, qui demande d’aller vers un certain approfondissement de la relation pour délivrer tous ses effets.

Cependant, le couple est un chemin d’évolution parmi d’autre. Il n’est pas le seul. Devrait-on par exemple considérer que tous les religieux restent plafonnés dans leur progression spirituelle parce qu’ils sont célibataires ?

En outre, pourquoi présumer que seul le couple traditionnel s’inscrit dans la durée et l’approfondissement, tandis que toutes les autres formes de couple resteraient nécessairement en surface et seraient incapables d’engagement ?

2.

Seul le couple divin permettrait d’accéder à l’amour universel et inconditionnel.

Il y a une confusion fréquente entre amour interpersonnel (l’éros de la Grèce antique) et amour universel (l’agapè grec).

L’amour universel est un état d’être qui porte sur tout le monde et personne en particulier. Il n’est pas entre deux personnes précises, ni n’a besoin de se concrétiser dans un quelconque rapprochement physique. Cet amour s’exprime à un niveau global ou archétypal : à l’égard du Vivant, du genre humain, de la Femme, de la Beauté…

Si l’amour universel est inconditionnel, l’amour interpersonnel ne peut qu’être conditionné, puisqu’il relie deux individualités humaines avec leurs inévitables besoins et leurs blessures.

Or, tant que nous n’avons pas atteint l’éveil, la part d’interpersonnel reste majoritaire dans notre façon d’éprouver de l’amour, quelle que soit la forme de la relation amoureuse.

C’est donc une utopie de croire que le couple divin est la voie directe vers l’amour universel.

3.

Le couple divin ne pourra s’élever à son sommet si nous mélangeons régulièrement notre énergie à d’autres personnes, en nous éparpillant dans nos intentions d’amour.

Cette affirmation présuppose que les personnes non-exclusives se dispersent, multiplient les relations sans lendemain et se mélangent avec n’importe qui, n’importe comment. C’est une projection.

Bon nombre des personnes dans des relations ouvertes choisissent au contraire soigneusement leurs partenaires et sont attentives à ce que la relation se développe dans la bienveillance et dans le respect des besoins et limites de chacun(e).

4.

Faire le choix de la non-exclusivité cacherait forcément une intention problématique : l’incapacité à s’engager ou à choisir, la peur d’aimer pleinement, une compulsivité donjuanesque…

Pour certaines personnes, cela peut être effectivement le cas. Mais c’est loin d’être une généralité. Tout fonctionnement en dehors du couple traditionnel ne découle pas d’une névrose, d’une fuite ou d’une incapacité à s’engager dans une relation.

Si le choix de la non-exclusivité peut parfois trouver son origine dans des peurs, il est le plus souvent le fruit d’une démarche positive qui s’appuie simplement sur l’amour et l’ouverture à l’autre.

La question pourrait être retournée : se demande-t-on à chaque fois que quelqu’un fait le choix du couple traditionnel si sa décision est dictée par la peur face à l’ouverture des possibles ?

5.

L’argument d’autorité ultime est brandi lorsqu’il est affirmé que seul le couple divin est « en harmonie avec les lois de la vie ».

Qui peut prétendre sans rire avoir un avis faisant autorité sur la question ?

Une vision normative et jugeant

Une fois gratté le vernis de la spiritualité, les textes sur le couple divin laissent souvent apparaître un côté normatif, jugeant et très réactionnaire, en présentant le couple hétérosexuel exclusif traditionnel comme le seul susceptible de nous élever.

A travers des propos auxquels on ne pourrait qu’adhérer au premier abord tellement ils semblent spirituels, nous sommes pourtant en présence d’une morale néo-conservatrice qui juge et sanctionne ce qui, pour elle, est acceptable ou non en termes de liberté relationnelle.

L’idée n’est pas ici de défendre telle ou telle façon d’être en couple ou de faire la promotion de certains modèles de relations. Je m’étonne en revanche que l’on puisse vouloir imposer une norme unique au nom d’une spiritualité dont l’essence est justement de questionner les normes.

Cela est à l’opposé de la démarche tantrique, qui vise à permettre à chacun(e) d’expérimenter le chemin qu’il/elle estime le plus juste pour lui/elle, incluant le droit de se tromper et de recommencer autrement.

Cette liberté d’explorer en interrogeant la pertinence des normes n’est pas pour autant synonyme d’individualisme égoïste.

Les personnes qui sortent des sentiers battus relationnels sont très vite confrontées à la nécessité de lier leur liberté à une forme de responsabilité. Elle implique de se forger une éthique individuelle veillant à préserver au mieux l’estime, la sécurité affective et la confiance intérieure de leurs proches.

3. L’inclusivité

Le culte du jeune et du beau

Le Tantra invite à l’acceptation de soi tel que l’on est, et à se dévoiler aux autres avec honnêteté et authenticité, sans chercher à masquer sa vulnérabilité ou ses imperfections.

Pourtant, à la vision des photos illustrant les stages de Tantra, on pourrait croire que tous les tantrikâ sont jeunes, beaux et musclés, incarnant parfaitement tous les attributs que la société associe à chaque genre.

De même, les poses dénudées et à la lourde charge érotique laissent penser que chacun(e) est particulièrement à l’aise avec son corps et sa sexualité, disponible et ouvert(e) à toutes les rencontres.

C’est un peu la même dérive que l’on retrouve dans certains courants du yoga, où la volonté de proposer des images « instagrammables » et vendant du rêve, contribuent à créer un fossé entre la réalité et ce à quoi les gens croient devoir ressembler.

J’ai participé à beaucoup de stages de Tantra, et je peux vous affirmer qu’on y croise des gens normaux, avec toutes la diversité et la richesse que l’on retrouve dans la population. A la nuance près que les gens qu’on y trouvent ont ceci en commun qu’ils apportent une attention particulière à la conscience à soi et à l’autre.

Cela ne demanderait pourtant pas beaucoup d’effort que d’être attentif à ne pas diffuser des images susceptibles de renforcer les injonctions sociétales. Laissons ce rôle douteux à la publicité.

L’hétéronormativité

Beaucoup d’écrits ou de descriptifs de stage de Tantra font aussi implicitement de l’hétérosexualité leur point de référence.

Ainsi, le couple divin fait toujours allusion à deux âmes incarnées l’une nécessairement dans un corps de femme et l’autre dans un corps d’homme. N’est-il pas douteux de considérer que seuls les hétérosexuels sont susceptibles de s’élever spirituellement ?

Beaucoup d’animateurs veulent à tout prix un nombre parfaitement égal de Shiva (les hommes) et de Shakti (les femmes) à leurs stages, présumant que chacun(e) souhaitera forcément pratiquer avec quelqu’un du sexe opposé.  

Tout d’abord, sachant que la plupart des exercices proposés en stage sont non-genrés et n’impliquent pas la nudité ou l’énergie sexuelle, le genre ou l’orientation sexuelle de votre partenaire a finalement assez peu d’importance.

Ensuite, le Tantra travaille principalement avec les énergies Yin et Yang, dont nous avons vu qu’elles sont non genrées et s’appliquent aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

C’est pourquoi, plutôt que de parler de caractéristiques ou de principes féminin et masculin, je préfère utiliser les termes moins connotés de Yin et de Yang.

Dans la tradition tantrique, Shiva symbolise le principe Yang et la conscience cosmique, tandis que Shakti symbolise le principe Yin et l’énergie (qui est la manifestation de la conscience). Le but du tantrikâ est de parvenir à l’unification en lui-même de ces deux principes, afin de parvenir à l’unité totale.

Cela n’a donc pas sens d’identifier les femmes à Shakti et les hommes à Shiva puisqu’il s’agit de principes présents en chacun(e).

Plutôt que de rejouer le mythe de la moitié d’orange en invitant les Shakti à trouver leur Shiva, la proposition tantrique est d’inviter les hommes et les femmes à pacifier en eux la relation à chacune de leurs polarités afin qu’elles puissent s’accorder et s’harmoniser l’une par rapport à l’autre.

Le Tantra ne s’adresse donc pas qu’aux personnes hétérosexuelles, et l’orientation sexuelle des participant(e)s aux stages est une « non-question ».

En conclusion

Certains voient le Tantra comme une vérité immuable, qu’il faut préserver inchangé à travers les siècles, comme on rangerait un costume de mariage dans une housse plastifiée avec quelques boules de naphtaline.

Or, c’est une spiritualité vivante qui n’a cessé d’évoluer et de s’adapter en fonction des lieux et des époques[2].

S’il est bien sûr important de s’ancrer dans des racines et de se rappeler d’où on vient, il est vital d’être à l’écoute des évolutions sociétales, de les questionner, et de voir comment notre pratique peut les embrasser au mieux.

Didier de Buisseret

N’hésitez pas à partager cet article, en le reprenant intégralement, sans modification ni coupure, et en citant sa source (www.presenceasoi.be)


[1] Pour plus de détails sur ces archétypes, je vous renvoie vers mon livre « Des hommes en chemin – vers un masculin conscient », aux éditions Florent Massot.

[2] voir l’article à propos du Tantra et du néo-Tantra

12 commentaires pour “Réactionnaire, le Tantra ?

  1. Vidal

    Magnifique, cher Didier. Brillant, intelligent, nuancé, tolérant. Un texte qui pourra servir à susciter des échanges passionnants au sein des couples de chercheurs.
    J’aime beaucoup : « Se demande-t-on à chaque fois que quelqu’un fait le choix du couple traditionnel si sa décision est dictée par la peur face à l’ouverture des possibles ? »
    Amitiés, Serge Vidal.

  2. Elodie

    Merci pour ce bel article
    Je regrette en effet que le yang soit régulièrement réduit à la puissance alors que cette polarité est tellement plus riche et complexe… N’inclut elle pas aussi d autres qualités telles que la protection et la structure ? Ce sont aussi des qualités utiles au deployement du yin, dans toute sa douceur et sa fluidité, chez les hommes comme chez les femmes. La nouvelle ère n est elle pas aussi une invitation à développer davantage d’autres qualités yang, plutôt qu une puissance, souvent issue de la peur au lieu de l’amour ?
    C est un thème passionnant et je te remercie pour toute la clarté que tu mets sur ces mots, dans cet article mais aussi dans ton livre. Et sinon, à quand un café tantrico-philo ?
    Quant à la remise en question du « couple divin » et de cette image hetero-exclusive- normée… Merci ! J aime beaucoup l accent que tu mets sur la complétude individuelle.
    Ces images stéréotypees me donnent parfois la nausée tant cela va à l opposé de cette idée d unité. Syndrome parlant de notre société actuelle… À force de se focaliser sur la forme on peut en arriver à oublier le fond : l Amour, qui est à la base de toute chose, comment pourrait il être contenu dans une forme spécifique ?
    Affectueusement, Elodie

    1. Didier Auteur du post

      Merci, chère Elodie !
      En effet, les qualités de structure, d’engagement ou de fiabilité sont également des facettes du Yang, toutes aussi importantes que la puissance, mais hélas peut être pas aussi répandues…

  3. DOUILLET Pierre

    Article intéressant cher Didier (que je ne connais pas…mais dont je reçois régulièrement les articles). Je voudrais faire une demande à partir de l’utilisation abondante dans le monde du tantra du terme « divin » concernant le couple ou la sexualité : oui, il me semble qu’un article sur la relation au monde immatériel dans le tantra serait bienvenu. L’immense majorité des humains se répartissent en « matérialistes purs », agnostiques, ou à l’inverse croyant à l’existence d’un monde « immatériel » aux côtés de notre monde matériel. Mon expérience du tantra me fait penser que beaucoup de tantrikas se reconnaissent plutôt dans cette troisième catégorie avec des croyances plus diverses et variées les unes que les autres. A titre d’exemple je ne connais aucun tantrika qui remette en cause l’existence même des chakras (dont jamais aucune preuve scientifique n’a pourtant confirmé l’existence : il s’agit donc d’une croyance infondée). Oui, un article sur le thème du tantra et de son rapport au « divin » ou tout au moins au « monde immatériel «  serait le bienvenu ! Cordialement. Pierre

    1. Didier Auteur du post

      Merci cher Pierre.
      Je laisse mûrir l’idée de cette thématique :-).
      Je ne pense pas que beaucoup de tantrikâ croient à l’existence physique ou biologique des chakras, mais comme centres énergétiques subtils qui, par définition, ne sont pas mesurables par des instruments scientifiques. D’autres tantrikâ voient ces chakras comme une simple grille de lecture et de compréhension du fonctionnement de notre corps.

  4. Ludo

    C’est vraiment chouette que des acteurs du tantra interrogent les stéréotypes de genre au sein de certaines visions majoritaires qui sont propagés par la spiritualité New Age, en particulier le féminin sacré.

    Je reconnais qu’a l’époque où j’avais étudié la littérature tantrique, j’etais surpris de la volonté de liberté de pensée et de vivre affichée par pas mal de tantrikas écrivains, et en même temps, continuer à propager les stéréotypes de genre de notre société patriarcale.

    Je crois qu’il est grand temps qu’au 21° siècle, on puisse être comme nous sommes, sans nécessairement se poser la question si tel ou tel comportement est féminin ou masculin.

    Et relationné comme on le souhaite : solo, couple exclusif, polyamour…

  5. Stuart

    Un immense merci pour cet article.

    Tout particulièrement pour la dénonciation des clichés véhiculés par les images promotionnelles « instagrannables » des stages ou autres rencontres tantra (et New Age en général).

    Images qui sont autant d’injonctions non exprimées de devoir être dans une certaine norme.

    Injonctions qui sont, le plus souvent, subconsciemment source de souffrances pour qui n’arrive pas à atteindre ces pseudos canons corporels (c’est à dire la plupart d’entre nous humains).

    Merci pour ça et pour tout le reste de l’article, d’avoir exprimé clairement et très judicieusement une série d’aspects qui m’ont souvent dérangé dans de nombreuses publications liées au Tantrisme (Néo), au développement personnel et au New Âge.

    Petite réflexion personnelle sur le soit disant couple divin / flamme jumelle / âme sœur.

    J’y ai cru pendant des années, suite à une rencontre qui fut très particulière.
    Une personne dont l’énergie avait résonné intensément avec la mienne (nous plongeant dans un véritable état de transe profonde, survenue de façon presque brutale, en faisant l’amour). Quelque chose que ni elle ni moi n’avions jamais vécu avec une telle intensité.

    Je ne connaissais rien du tantra à l’époque, et c’est d’ailleurs ce qui m’a mis sur ce chemin.

    J’ai très longtemps été obsédé par ce moment, l’associant à cette personne uniquement (la relation s’est très vite terminée).

    Ceci jusqu’à ce que mon chemin amoureux croise celui d’une aire personne, puis d’une autre encore (parmi d’autres). Deux autres personnes avec qui cette intensité énergétique menant à une forme de transe assez profonde fut à nouveau présente.

    Je ne crois plus au couple divin ou à la flamme jumelle qui serait unique (et donc obsessionnelle), mais mon vécu tend à me pousser à croire qu’il y a des personnes entre qui la résonnance énergétique est tout particulièrement forte et propice à ce genre d’expérience (même sans l’avoir cherchée).

    Ahooo

  6. Nathalie

    Bonjour Didier
    Je découvre tes articles.Je suis tout à fait en accord avec ton article,en particulier ta vision du Yin et du Yang.Ces notions ne sont pas suffisamment clarifiées , à mon goût,dans le Tantra.Et les déconditionnements dans la réalité des couples ont beaucoup de mal à se faire.
    J’anime des stages de tantra et cela me fait beaucoup de bien de te lire.Ta façon précise et simple de présenter ces notions souvent un peu floues m’inspire.Merci

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