Les fantasmes : un levier de développement personnel ?
Et si nos fantasmes sexuels n’étaient pas seulement là pour pimenter notre imaginaire… mais aussi pour nous parler de nous ?
C’était déjà l’intuition de Sigmund Freud : derrière nos scénarios intimes se cachent souvent des désirs, des tensions ou des besoins que nous n’osons pas reconnaître dans notre vie consciente.
Les sexologues, eux, soulignent combien le fantasme nourrit l’imaginaire et soutient la libido. Mais du point de vue du développement personnel, il peut aussi devenir un véritable levier de connaissance de soi… et même de transformation[1].
Car bien souvent, nos fantasmes viennent dialoguer avec nos grandes blessures émotionnelles d’enfance : abandon, rejet, humiliation, trahison ou injustice.
Pour être aimé, reconnu, accepté par nos parents, nous avons appris très tôt à montrer ce qui semblait « aimable », et à cacher ce que nous pensions être « trop », « pas assez » ou « inacceptable ». Nous avons façonné une version de nous-mêmes présentable – en reléguant dans l’ombre d’autres élans pourtant bien vivants.
Par exemple, une personne traversée par des fantasmes de soumission ou de passivité pourrait découvrir une aspiration profonde à s’abandonner, à lâcher prise… surtout si, dans sa vie quotidienne, elle est constamment dans le contrôle (souvent par peur d’être trahie, blessure apprise très tôt).
Ce fantasme, à l’opposé de son fonctionnement habituel, peut alors être compris comme un signal : celui d’un besoin d’équilibre, d’un appel à prendre soin d’une partie de soi longtemps mise sous tension.
Autre exemple : un fantasme d’exhibition peut parfois venir questionner une tendance à s’effacer dans la vie de tous les jours. Et si, derrière la honte, se cachait simplement un besoin légitime d’être vu, reconnu, d’oser briller là où une blessure de rejet ou d’humiliation nous a appris à rester discret ?
Tous les fantasmes n’ont pas vocation à être réalisés. Et ce n’est d’ailleurs pas l’essentiel.
L’enjeu est plutôt de leur offrir un espace de conscience : les écouter avec honnêteté, curiosité, sans jugement… pour comprendre ce qu’ils révèlent de nos manques, de nos peurs ou de nos besoins inassouvis.
Au lieu de les considérer comme des pensées embarrassantes à refouler – ou comme de simples outils pour stimuler le désir avant de les remettre au placard – nous pouvons choisir d’y voir des messagers. Des indicateurs subtils de ce qui, en nous, demande à être reconnu, apaisé, intégré.
C’est ainsi que nous avançons vers plus de complétude : en réconciliant ce que Carl Jung appelait notre Ombre et notre Lumière. En accueillant toutes nos potentialités… et en apprenant à les exprimer de façon plus consciente, plus libre, plus équilibrée.
Et si nos fantasmes étaient, au fond, une invitation à devenir un peu plus pleinement nous-mêmes ?
Didier de Buisseret
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[1] C’est l’intuition d’une sexologue, le Dr. Véronique Baudoux, dont je développe ici l’idée.

