Quand faut-il pardonner ?

Quand faut-il pardonner ?

Nombre de religions encouragent vivement à pardonner systématiquement à ceux qui nous ont offensés. Cependant, c’est une erreur de croire qu’il suffit de le vouloir. Le pardon ne se commande pas. Il ne peut survenir qu’à l’issue du processus de guérison de la blessure subie, et pas avant.

Se forcer à pardonner prématurément par obligation morale ou religieuse est illusoire car ce n’est pas parce que notre tête aura décidé de pardonner que nous serons à même de le faire sur le plan émotionnel. Outre cette pénible dissociation entre le mental et l’émotionnel, ce « passage en force » raté aura pour conséquence probable de nous faire porter en plus le poids de la culpabilité de ne pas avoir été capable de pardonner.

Pardonner n’amène pas à la guérison ou à la paix intérieure. C’est l’inverse. Il est donc important de souligner l’ordre des choses : d’abord la guérison, ensuite le pardon.

Lorsque nous sommes blessés émotionnellement, il y a un processus de guérison à suivre – dont la description détaillée n’est pas l’objet du présent texte-, à l’issue duquel nous reprenons notre autonomie : nous prenons conscience qu’il y a eu un moment donné une interaction entre nous et la personne qui nous a fait du tort mais qu’aujourd’hui, il est juste que chacun reprenne sa place et assume sa propre vie, que nous nous réapproprions totalement qui nous sommes.

Une fois la blessure refermée, la paix s’installe en nous et c’est à ce moment seulement que nous sommes prêts à retrouver notre liberté et notre indépendance en coupant le lien douloureux qui nous tient attachés à notre offenseur, en lui pardonnant, en le laissant aller. En grec, le mot « pardonner » signifie « laisser-aller, lâcher ». C’est donc au moment où nous sommes mûrs à lâcher-prise par rapport à ce qui s’est passé que la paix intérieure s’installe et que, juste après, le pardon vient naturellement, sans effort de volonté.

L’avantage de ce processus est qu’il s’agit d’une démarche individuelle et unilatérale, qui ne nécessite aucune participation de l’offenseur : ni ses excuses, ni ses regrets, ni sa compréhension, ni même sa présence ne sont nécessaires. C’est un pur cheminement intérieur et personnel.

Il est à noter que le pardon porte sur la personne de l’offenseur, non sur l’acte qu’il a commis. Cet acte reste inacceptable. Pardonner à l’offenseur ne minimise donc en rien la gravité de son acte. Il n’est dès lors pas incompatible de pardonner à une personne tout lui en réclamant justice (et non vengeance), par exemple en portant plainte contre elle – sans haine.

Le fait de pardonner à quelqu’un qui nous a fait du mal est généralement perçu comme un geste charitable et généreux. En réalité, c’est avant tout pour soi-même que l’on pardonne à autrui. En effet, conserver de la haine dans son cœur empoisonne de l’intérieur. La haine tire en arrière, maintient dans un passé douloureux et empêche de tourner la page. Pardonner est donc le meilleur cadeau que l’on puisse s’offrir. C’est un cadeau à soi-même, et non à l’offenseur.

Pardonner ne signifie pas non plus oublier ou occulter le passé, ce qui serait du déni et compliquerait le processus de guérison. Il s’agit de se libérer de l’emprise du passé, de ne plus lui accorder tant d’importance. Si la personne blessée ne parvient pas à lâcher le passé et reste bloquée dans son statut de victime, elle restera attachée à son offenseur et sera incapable de passer à autre chose. Ce n’est donc qu’en vivant dans le présent qu’elle sera en mesure de lâcher-prise et de pardonner le passé. En fait, en vivant dans le présent, ainsi que le dit Osho, « vous n’aurez pas à oublier et pardonner, cela aura tout simplement disparu de lui-même ».

Didier de Buisseret

 

31 commentaires pour “Quand faut-il pardonner ?

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  3. Joelle

    La notion du pardon peut être appliquée différement, dans mon cas, je suis passée par plusieurs étapes,
    -Couper les contacts avec cette personne afin de l’empècher de continuer à me nuire
    -Me pardonner d’avoir pu laisser cette personne me ‘blesser’ou de lui avoir fait ‘confiance’
    Cela donne aujourd’hui, une indifférence totale envers cette personne tout en gardant la non acceptation de l’acte en lui-même. Je ne parlerai pas d’oubli mais de regard positif vers l’avenir, je vis dans le présent et ce qui est arrivé doit être une leçon pour que plus jamais cela ne puisse se passer.
    Ainsi je ne serai pas rongée pas la vengeance, convaincue que tout se paye un jour, l’indifférence est bien plus difficile à porter pour cette personne.
    La notion de ‘pensée positive permanante’ qui était un excercice journalier est devenue un automatisme.

    1. Didier de Buisseret Auteur du post

      Merci de ce témoignage. Oui, chaque approche, chaque personne et chaque cas sont différents, l’important étant, chacun à sa façon, d’arriver à « passer à autre chose », d’être tourné vers l’avant.

  4. Jacky

    Ce texte me parle, car je suis dans un processus de pardon suite à une rupture mal vécue et j’ai l’impression de tourner en rond. Je comprends mieux pourquoi j’ai encore de temps à autre de la colère qui resurgit et cela après presqu’un an. Il faut d’abord que je panse mes blessures, c’est à dire comprendre pourquoi c’est arrivé mais est-ce bien utile? Donc tirer un trait et vivre le présent. Plus facile à dire qu’à faire.

    1. Didier de Buisseret Auteur du post

      Bonjour Jacky. Comprendre peut être parfois utile pour éviter la répétition d’un scénario identique mais la compréhension (des raisons de l’autre) n’est pas un passage obligé pour guérir sa blessure. Si cela s’avère compliqué ou impossible, mieux vaut ne pas rester bloqué sur cet écueil et avancer.

  5. Sybille

    Bonjour,
    Faut-il pardonner ? Voilà une question intéressante. Quand ? Comment ? sont des questions que personnellement je me poserai quand j’aurai trouvé une réponse « juste » pour moi à la première question. Et je me dis que tant que je serai dans une idée de « falloir » plutôt que de « choisir » ou même de « sentir », je ne pourrais pas être dans quelque chose de juste. Il ne faut pas pardonner à mon sens, mais vivre le pardon comme un processus de vie et cela vous l’expliquez très bien. Le « il faut » rajoute de la culpabilité. Quand au choix, et bien pour moi, il vient naturellement quand on s’est « bien » occupé de la blessure et de l’émotion que celle-ci génère, ce n’est donc plus réellement un choix parce que je me demande si on peut choisir cela comme on choisirai le lieux des prochaines vacances. Je crois que non parce cela se passe à l’intérieur de soi…Et parfois, le pardon même si l’idée et la théorie peuvent être belles n’est pas obligatoire. C’est à chacun de sentir ce qui est le mieux. Et cela évolue tout au long de la vie. Le pardon ne peut venir que du cœur et je ne sais pas s’il peut véritablement être décidé.
    Au plaisir de vous lire

    1. Didier de Buisseret Auteur du post

      Merci Sybille. Tout à fait, cela me semble un non-sens de décider rationnellement de pardonner ou non. Ce n’est pas un choix mais une conséquence indirecte et naturelle – qui vient d’elle-même si elle doit venir -, à l’issue d’un processus de guérison intérieure qui se déroule sur le plan émotionnel et non mental.

  6. Li

    Bonjour,
    Merci pour cet article qui fait écho en moi car, dans le passé, des âmes charitables m’ont souvent parlé de pardon alors que je me débattais avec de lourds traumatismes…Je vivais cette « invitation au pardon » comme une insulte à ma souffrance…et j’étais partagée entre deux sentiments: la culpabilité de ne pas se sentir capable d’accorder ce pardon qui selon certains avait le pouvoir de me guérir…et une volonté de ne pas pardonner ni oublier. Le temps est passé…et je suis aujourd’hui à l’étape de l’indifférence…et c’est déjà pas mal quand on a connu la haine et le désir de vengeance ou justice…
    Vous évoquez un point crucial …Le pardon porte sur la personne de l’offenseur, non sur l’acte qu’il a commis. Cette dissociation est pour moi importante et me permet de continuer d’avancer sur mon chemin tortueux….vers…le pardon? peut être. Assurément vers plus de sérénité. Le pardon n’est pas une fin en soi…et je ne le vis plus comme une injonction.
    Bien à vous
    Li

  7. Colette

    Le pardon est un processus très souvent confondus avec l’oubli. Il y a bien longtemps, j’ai moi-même mis 20 ans à comprendre cette différence essentielle. Très souvent quand on parle de pardon, la réponse qui fuse est : je ne peux pas oublier.
    Le pardon pourrait être comparé à un baume que l’on met sur une plaie qui permet,dès lors, la cicatrisation. La cicatrice sera là pour nous rappeler cette épisode de notre vie…mais ne nous bloquera plus dans le « pourquoi »…Qui nous maintient à l’arrêt dans le passé. Le mieux est de passer au « comment » trouver la clef…aussi petite soit-elle, elle peut ouvrir une très grande serrure.

  8. Francine

    Bonjour,

    Pour ma part, j’ai subi ce que d’autant appellerait la pire forme de trahison possible, enfant j’ai été abusée par mon propre père. Comment se construire quand celui qui est censé vous guider sur le chemin de la vie vous a trahie de cette façon? La réponse n’a pas été simple pour moi. Ayant de plus été élevée dans la religion, on me répétait sans cesse de pardonner. Imaginez la culpabilité de ne pouvoir y parvenir. Puis il y a eu aussi d’autres personnes sur mon chemin animées par les meilleures intentions du monde qui me disaient de pardonner non pas par principe moral ou religieux mais pour me libérer moi de toute cette colère. Ces personnes ne comprenaient pas que plus que la colère, c’est l’incompréhension de l’acte qui m’empêchait de pardonner. Aujourd’hui, j’ai beaucoup cheminé, je me suis libérée moi-même. Après un très long processus. Je fais un métier qui a pour moi du sens car il me fait sentir utile à l’humanité. Je m’intéresse à beaucoup de questions (j’ai également vécu comme une trahison le fait d’avoir été élevée dans une religion et m’apercevoir qu’il en existait tant d’autres en grandissant m’a fait évoluer vers ma propre spiritualité). J’ai finalement réussi à lâcher prise car je me suis trouvée moi-même au bout du chemin. Aurais-je choisi ce métier, cette spiritualité si je n’avais pas eu cette vie? J’en doute. J’ai donc réussi à me réconcilier avec moi-même parce qu’au bout du compte je me suis trouvée. Tant que je n’avais pas de sens à donner à ma vie, j’aurais été bien incapable de pardonner. Mon chemin aujourd’hui c’est l’éducation bienveillante et consciente. Je suis devenue maman à mon tour et je peux aujourd’hui encore mesurer à quel point il est difficile d’emprunter cette voix quand on n’a soi-même pas été élevé dans ces principes. Je prends conscience de mes propres limites et je m’applique (c’est très récent) cette bienveillance et cette conscience dont j’ai manqué enfant. Aujourd’hui je peux dire que j’ai pardonné (à mon père à ma mère à moi-même et au reste du monde) parce que j’ai pu me libérer du poids de cette souffrance. C’est vous dire à quel point votre article me parle car ce n’est pas faute d’avoir essayé. Il m’aura fallu des années pour y parvenir. Mais aujourd’hui je peux dire avec sincérité que j’ai pardonné. Il y a encore quelques réminiscences de douleur souvent dues à l’incompréhension mais je sais prendre le temps d’écouter mon enfant intérieur et lui donner toute cette bienveillance que je n’ai pas reçue enfant. Ce qui m’a fait « perdre » autant de temps sur ce chemin c’est d’essayer de comprendre, de chercher le pourquoi des choses. Il n’y en a pas. On peut imaginer par exemple qu’il a reproduit ce qu’il a lui-même vécu sans avoir pu conscientisé. Ça change quoi à la douleur? Rien. Ce qui m’a permis de m’en libérer c’est d’apprendre à vivre au jour le jour en me faisant confiance, en faisant confiance à la vie. Ce qui m’a permis de le faire c’est de « gagner petite bataille après petite bataille » : avoir un métier qui me fait sens, bâtir ma propre famille… Je sais que j’ai gagné cela quand je vois mes enfants épanouis et quand moi-même je me sens épanouie. Alors oui je sais que j’ai pardonné. Pour autant, je ne le reverrai sans doute jamais. Je n’en ai pas l’envie. Et je ne comprendrais sans doute jamais. Mais j’ai lâché prise sur cette question.

  9. Gérard

    Lors d’un petit voyage chamanique que j’ai eu la chance de faire assez récemment, j’ai été guidé en passant successivement par les puissantes énergies suivantes : pardon, guérison, amour, joie, gratitude…

    Shalom Alekhem

    Dans le pardon, il s’agissait avant tout de me pardonner moi-même, même si une personne à la base de ma principale blessure est apparue lors de ce voyage…

    Selon moi, pardon et guérison vont bien de pair, dans quel ordre, celui qui convient à chacun de nous…

    1. Brigitte GARROS-PABOIS

      Je suis tout à fait d’accord. Le pardon à l’autre ne peut intervenir réellement entièrement, inconditionnellement que lors que nous nous sommes nous-même pardonné d’avoir vécu cela, que nous avons réussi à voir comment quelque chose en nous (une blessure, une croyance … nos limites) a fait que ces événements ont pu se produire. C’est très douloureux de voir notre part de responsabilité dans l’interaction avec l’autre, et d’admettre que nous avons notre responsabilité dans le processus. Et ce, quelque soit l’offense qui doit être pardonnée.
      Ma mère a été très abusive, (fessées, enfermement dans un placard, gifles, bannissements, … ), des propos humiliants, des insultes (tu es folle…), des colères qui lui faisait dire des choses telles que « Tu n’es pas chez toi, ici! » par exemple. Elle faisait du chantage affectif, une arme . Ses cadeaux souvent trop généreux, étaient motivés par l’envie de s’attacher l’affection de l’autre, par exemple. Son couple était un désastre, et question amitié c’était pauvre aussi (seuls 2, 3 amis, une dizaine de fréquentations). Aujourd’hui, après des années de réflexion, de thérapies diverses, de recherche spirituelle, je suis bien triste de comprendre que ma mère était en fait, incapable de s’aimer elle. Malgré les apparences de quelqu’un très en contrôle et compétent, elle était persuadée qu’elle ne valait rien, tellement peu sûre d’elle qu’une enfant de 4 ans a réussi par son regard à tellement la défier qu’elle s’est mise d’hors d’elle, (elle avait 42ans à l’époque) et, l’a enfermée dans un placard. Le placard à balai, avec les boites de cirage, les produits divers, les chiffons sales et le noir et l’incapacité de pouvoir sortir, mes appels, mes pleurs, mes supplications n’ayant aucun effet. Puis la porte s’est ouverte.
      Mais moi, petite fille, dans le placard, le noir complet, les odeurs hideuses, seule, impuissante, perdue, croyant qu’elle avait mourir, oubliée là, j’ai cru que j’allais mourir. Et à ce moment là, pour me protéger, je me suis dit: « Je ne mourrai pas, jamais, plus tu ne me feras ça, jamais plus je ne te ferai confiance. Je te hais » et je lui ai voué une défiance qu’elle ne s’expliquait pas mais qu’elle me rendait très volontiers … donc. Et toutes les protections que j’utilisais pour me protéger (indifférence, froideur, colères, mépris) la renvoyaient à ses propres blessures « je suis nulle. » … « mais c’est pas cette petite garce qui va me le dire !  » Et lors de mes moments câlins, elle se demandait ce que j’avais dans la tête.

      Ca a été la guerre plus ou moins larvée ou déclarée jusqu’à ce qu’elle meure, et même après. Nous aurions aimé sans doute que les choses puissent être autrement, nous n’avons pas réussi. J’ai, essayé de faire de mon mieux, mais sans atteindre les objectifs que je me fixais. J’ai lâché ma culpabilité de ne pas avoir pu faire plus. Après sa mort j’ai re-vécu ce moment fondateur du placard.
      Ce fut très éprouvant et libérateur. Une auto-thérapie (IFS) dans le jardin, seule mais toute ‘entourée’ aussi. Alors, j’ai compris que ce moment salvateur (ces mots venus pour me redonner espoir au moment où j’allais mourir) ont conditionné notre relation autant que ses fessées pour un rien et ses propos humiliants et son caractère colérique.
      Alors, j’ai eu beaucoup de peine, une très grosse tristesse pour ma mère qui a eu peur d’une petite enfant de 4 ans. J’ai pris brutalement conscience de l’abîme de sa conscience d’elle-même. Cela m’a fendu le coeur. Je me suis excusée d’avoir été sans le vouloir le miroir exact de sa blessure. Et tout à la fois, je lui ai pardonné et je me suis totalement pardonnée d’avoir entretenu cette haine en moi toutes ces années … même si …
      Je crois que le pardon est effectivement un acte de grâce envers soi, et envers l’autre. Toujours, ce jeu de miroir que l’autre nous renvoie inlassablement.
      Bonne journée

  10. Raphael

    Bonjour,
    Très intéressant. Je suis d’accord en ce qui concerne le pardon bien entendu. Nous n’en serions probablement pas là à en discuter ou même à vous lire. Cependant, je trouve que la justice (celle des hommes) n’a pas grand chose à faire(et même si les actes ont été des plus horribles), au contraire elle peut renforcer une idée égotique; pour moi, le plus grand pardon est d’avoir recours (lorsque cela se présente naturellement, mais aussi parce qu’un réel processus d’abandon de soi est déjà entamé) un lâcher-prise total (d’ailleurs vous donner l’étymologie du terme « pardonner ») sur l’autre et également sur l’entièreté des évènements qui ont animé le besoin de pardonner (après avoir passé par le principe de guérison). L’autre, pour ce qu’il est, mérite le pardon, parce que « il Est » – et lui aussi progresse tant bien qu’il peut – et le fait, grave ou non, est la conséquence d’un mal profond, intentionnel ou non, issu de peurs, de mécanismes, etc. refoulés et enfouis. Certes, les actes peuvent être horribles, mais ne sont-ils pas la conséquence (ou l’expression) d’un mal profond face à l’impossibilité de pouvoir le dégagé de manière raisonnée. Nous sommes tous névrosés, parce que nous employons des mécanismes pour compenser un refoulement qui ne peut s’exprimer. Mais lorsque ce refoulement n’a plus assez de force pour retenir, il doit s’exprimer, sortir, s’extérioriser. La raison est multiple, mais souvent la même, le manque d’amour (et non la haine), c’est vouloir « être aimé », c’est archaïque. C’est pourquoi, accepter que la raison pour laquelle l’autre a pu nous blesser n’est pas celle qui nous concerne, mais qui le concerne lui, et lui seul, c’est cela qui permet de pardonner; (si nous nous sentons concerner alors ce n’est pas mon Être essentiel qui est touché, mais seulement l’égo). Car l’ampleur de ces actes dépend de la souffrance qu’il a gardé en lui. Et finalement, soyons heureux pour lui qu’il ai pu la mettre au jour (pour autant qu’il en prenne conscience), et pardonnons-nous de ne pouvoir en faire tout autant. Car notre propre refoulement, qui empêche de toucher le profond, l’Être essentiel, utilisera comme mécanisme la projection sur l’autre (c’est l’égo qui fait cela ou « moi existentiel »: mécanisme de survie tant que notre énergie de défense s’en trouve suffisante), c’est cette projection qui renverra à l’autre ce qu’il est, et qui lui permettra, finalement, de faire sortir sa propre souffrance qui elle-même, sera la « matérialisation » de ce que nous ne pouvons encore accomplir, ou du moins pas encore suffisamment pour atteindre notre Être essentiel.

  11. LILAH

    Bonjour!
    J’ai lu avec un grand intérêt un de vos articles .
    Votre analyse convient bien à mon propre cheminement ! C’est trés difficile de faire la part des choses entre, une éducation qui nous a formaté et , une réflexion personnelle qui trouve sa propre voie difficilement avec toute la littérature du développement personnel.
    Je suis d’accord que je ne peux pardonner sur décision. Pour ma part , cela a été un processus … de guérisson.
    Animée par ma Foi ( spirituelle mais aussi en le meilleur de l’humain), j’ai cherché dans la thérapie mes outils et comment donner du sens aux épreuves ou expériences.
    Pardonner , c’est dans mon histoire accepter au lieu de dénier, lâcher-prise au lieu de m’accrocher avec obstination, c’est aimer quand même, même si j’ai souffert et continuer à regarder l’autre avec ce qui m’anime moi en mon être profond.
    Bien sûr, mon commentaire reste valable pour mon expérience et ne peut envisager toutes les expériences qui appellent le pardon. Je crois sincèrement que chacun est l’artiste de sa propre vie et que nous pouvons trouver les bons outils ( thérapeutique, spirituel, et autres ) quand nous décidons de nous mettre à l’oeuvre!
    Le pardon peut-être d’abord envers soi-même en ne se jugeant pas ?
    Merci pour vos articles.

  12. Léna

    Le texte et la réflexion autour du pardon tels que qu’ils sont présentés font preuve de son de soi et de lâcher prise effectivement – j’avais lu un livre sur le genocide rwandais, dont le thème était le chemin de pardon qu’une survivante avait besoin de faire pour « vivre » elle a dit une phrase qui m’a marqué : on arrive à pardonner également quand il y a La reconnaissance. Et je pense que c’est intéressant le processus de La reconnaissance déclenche celui de La guérison
    Merci pour cette belle réflexion

  13. Catherine Celotto

    Bonjour,
    Quant à mon EXPERIENCE du pardon, cela a été de tout remettre dans l’amour. DE remercier les personnes avec qui j’ai eu ces expériences de vie car l’autre n’est il pas placé sur notre chemin pour nous aider à « grandir » … La vie sait jouée… J’ai regardé à ce moment là qu’elles étaient mes priorités… LA VIE a fait en sorte d’eloigner physiquement ses personnes sans rien demander de ma part… J’ai juste mis le focus sur CE qui était important pour moi de réaliser à ce moment là… Bien sûr, mes pensées quelques fois revenaient sur ces personnes… Alors je me disais… Qu’est ce que tu as à comprendre… Pourquoi cela T »offense en toi… Il y a une part de toi qui ne se sent pas reconnue… Alors j’ai acceuilli cette part de moi pour l’aimer.
    Aujourd’hui, je remercie ces personnes pour toute l’aide qu’elles m’ont apportée pour grandir et ainsi mieux aimer toutes les parts de moi QUI n’etaient pas reconnu par moi-même.
    Car il est toujours plus facile d’apprécier sa part divine lumineuse que sa part divine ombragée !
    La PAIX DE L’ÂME s’installe alors et là nos yeux ne voient plus que tout L.AMOUR qu’il y a autour de nous !

  14. Logé

    Bonjour, comme cela fait du bien de lire toutes ces belles réflexions personnelles et nourries de bienveillance.
    Le pardon est une concept et une démarche qui peuvent prendre leur place dans un contexte déjà fort « débroussaillé  » ….il est nécessaire de passer d’abord par l’accueil des émotions, le respect de l’autre, l’incarnation de sa personne alors, des portes merveilleuses s’ouvrent et vont nous permettre, en toute pleine conscience et pleine présence à soi de vivre sereinement et d’expériment le vrai Amour …

  15. Tessy

    Merci pour ce texte et cette vision, et le fait de souligner l’importance entre la personne et l’acte commis. Le processus du pardon demande un réel travail sur soi ainsi qu’une grande preuve d’amour envers soi. Tout un cheminement.

  16. Markus Perreten

    Bonjour à tous ,

    Ne plus chercher à faire…laisser faire A chacun sa façon de pardonner.
    Apporter amour et lumière et commencer à accorder une certaine attention à notre corps.Dans l’instant
    où vous le faites réellement ,vous reprenez le pouvoir et lâcher prise .

  17. Dominique

    Merci à tous, pour ces témoignages qui me touchent par leur sincérité et leur humilité. Merveilleuses fêtes de fin d’année, pleines de sérénité, de chaleur et de joie !

  18. Tastet

    les commentaires sont très touchants, mais je ne comprends pas bien le texte : si la guérison est possible sans pardon, à quoi sert le pardon ? le pardon ne rendant pas possible une quelconque réhabilitation du passé, et la guérison opérée, à quoi sert le pardon ?

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